Document de référence
« On sait mesurer le PIB. On n'a jamais su mesurer la générosité.
MANA × TEMPOsystem, si : un indicateur de chaleur humaine. »
Édition 1.0 — Pour les citoyens, les institutions et les partenaires · Juillet 2026
Kenavo, ha trugarez d'ho amzer — merci pour votre temps.
Porteurs
Alliance MANA — organisme d'intérêt général (loi 1901) · TEMPOsystem® — entreprise de l'économie sociale et solidaire. Marque TEMPOSYSTEM déposée à l'INPI (2026).
La Bretagne le sait d'instinct : une société ne tient pas par ses coffres, mais par ses liens — le voisin qui veille, la main qu'on tend, le temps qu'on se donne. Or ce temps-là ne figure dans aucun compte.
Le paradoxe est aussi vieux que l'outil. En façonnant la comptabilité du revenu national — le futur PIB — pour le Congrès américain en 1934, l'économiste Simon Kuznets avertit lui-même que son chiffre ne dit rien du bien-être : « le bien-être d'une nation ne peut guère se déduire d'une mesure du revenu national »1.
En 1968, Robert F. Kennedy le formule à une salle comble : le produit national brut « mesure tout, en somme, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue »2. Il compte la publicité et les serrures des prisons, non la santé des enfants ni la joie de leurs jeux.
Ce document décrit cette contrepartie manquante — et comment la Bretagne s'en fait le premier terrain.
La part la plus vitale de l'économie est aussi la plus invisible — précisément parce qu'elle est donnée.
L'Organisation internationale du travail l'a chiffrée : le travail de soin non rémunéré — élever, veiller, accompagner — représente environ 9 % du PIB mondial, près de 11 000 milliards de dollars par an, et les femmes en assurent 76 %3. Une valeur colossale, tenue hors des comptes. Dès 1988, l'économiste Marilyn Waring avait nommé cet angle mort : ce qu'une nation choisit de ne pas compter, elle finit par ne plus voir4.
Le monde a tenté de corriger le tir — Indice de développement humain (1990), commission Stiglitz-Sen-Fitoussi (2009), théorie du Donut (2017), Bonheur national brut5. Mais tous partagent un même geste : ils mesurent, ils produisent un score à maximiser. Or le lien ne se classe pas.
MANA et TEMPOsystem ne sont pas une monnaie. Ensemble, ils font apparaître une grandeur nouvelle : la chaleur humaine d'un territoire, rendue lisible.
Précis, presque froid : il compte le temps donné, seconde par seconde, et le fait circuler. C'est l'infrastructure.
La chaleur vécue : le geste, la présence, le lien. Ce que ressent la personne. C'est le sens.
Leur produit — MANA × TEMPOsystem — n'est ni un salaire ni un cours de change. C'est un indicateur : la trace agrégée du temps qu'une communauté choisit de s'offrir. Le PIB dit ce qu'un territoire produit ; cet indicateur dit ce qu'il tient ensemble.
Elle est le premier territoire à faire vivre cet indicateur — non par folklore, mais parce qu'une terre de fest-noz, d'entraide et de patrimoine sait déjà, dans sa culture, que le temps partagé est une richesse. mana.bzh en est la porte.
Ce qui protège une infrastructure du lien social, ce ne sont pas des promesses. Ce sont des règles écrites, opposables, gouvernées.
Avant la première ligne de code, l'univers MANA s'est doté d'une Constitution des droits numériques de la personne6 : voix « nous », sans dark patterns, gravant des principes que le produit ne peut contredire — propriété des données par la personne, réversibilité, minimisation, aucun paywall avant la valeur. Chaque membre la signe à son arrivée.
| MANA n'est pas | Parce que |
|---|---|
| une monnaie | aucune valeur de rachat, aucun cours, aucune convertibilité |
| un salaire | le temps donné n'est ni un travail rémunéré ni requalifiable |
| une place de marché | les unités ne s'achètent ni ne se revendent, et ne quittent pas le territoire |
Elle transforme « faites-nous confiance » en « vérifiez nos règles » — lisible par un élu, un partenaire, un citoyen.
Le principe est d'une simplicité radicale : une seconde offerte vaut une unité MANA, quelle que soit la tâche. Une heure de soutien scolaire, de jardinage ou de veille auprès d'un aîné valent exactement la même chose.
Les banques de temps l'avaient pressenti. Dès 1980, le juriste Edgar Cahn forge le time banking : une heure vaut une heure, quelle que soit la main7. L'intuition est juste — la dignité égale du temps. Mais l'unité reste une créance : une heure due, à rendre. MANA garde l'intuition et casse l'unité : le MANA n'est pas une créance mais un état, la trace d'un temps déjà donné, qui ne se réclame pas. Et cette trace se compte à la seconde, pour trois raisons.
La seconde est le plus petit grain de présence. Rien de ce qui est donné n'est trop petit pour être reconnu. Un don crée un lien, il ne solde pas une facture — la leçon de l'anthropologie du don depuis Marcel Mauss (1925)8.
Le temps réel se vit en secondes. Compter en minutes imposerait un arrondi, et tout arrondi crée une injustice : un coup de main de quarante secondes vaudrait zéro.
En secondes, une heure vaut 3 600 unités. Ces grands nombres marquent le MANA comme un flux qui circule, non comme un solde que l'on thésaurise9. On n'a pas envie de garder ce dont on a des milliers ; on a envie de l'offrir.
Le protocole tient en quatre choix, tous politiques avant d'être techniques. Ils garantissent que le temps circule au lieu de s'accumuler.
1 seconde = 1 MANA, pour tous, pour toute tâche. Aucune hiérarchie de compétence. Une justice lisible par chacun.
Chaque membre reçoit chaque jour la même dotation — 300 MANA, soit cinq minutes de temps partagé — sans distinction. Personne n'achète plus de temps que son voisin. L'accès de base reste gratuit.
Chaque nuit, une contribution solidaire de 10 % est prélevée sur les seules unités immobiles et reversée à une association. Le temps inutilisé des uns devient l'énergie des autres.
Aucune convertibilité. La passerelle euro → infrastructure est à sens unique : l'argent finance la technique, jamais le temps des citoyens.
Les formules d'adhésion payantes n'ouvrent jamais plus d'unités — seulement des fonctionnalités et le soutien de l'infrastructure. On ne vend pas du temps ; on soutient un commun.
Une civilisation du lien commence par une porte que chacun ose pousser. En Bretagne, cette porte s'appelle mana.bzh.
On y rejoint sa commune, on propose ou on reçoit un coup de main, on voit son temps donné devenir une lumière — pas un solde. Une présence bienveillante, la Fée, guide les premiers pas de qui le souhaite, sans jamais s'imposer.
Le temps donné n'est pas hors-sol : il se vit dans une langue, une histoire, un paysage. mana.bzh met la culture bretonne au centre, non en décor.
La langue est honorée dans l'expérience, à la portée de tous : on n'exige pas de la parler pour l'aimer. Une entrée douce vers le Brezhoneg.
Les Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO (2025)10. mana.bzh en fait des repères vivants du parcours citoyen.
La Bretagne offre à l'écosystème ce qu'aucune infrastructure ne peut fabriquer : une culture de l'entraide déjà là — le fest-noz, le pardon, le coup de main entre voisins. mana.bzh ne l'invente pas ; il lui donne une mémoire et une circulation.
Le lien a besoin d'un cercle à taille humaine. mana.bzh organise la communauté par clans, ancrés dans chaque bassin de vie.
Chaque territoire réunit ses habitants en clans, à l'échelle où l'on se reconnaît et où l'on s'entraide vraiment. Au-dessus, un Cercle des Druides anime la vie commune — sans chef : une gouvernance par le soin et le conseil, non par le pouvoir. La tribu n'est pas un gadget social ; c'est la structure qui fait qu'un coup de main trouve toujours une main.
L'unité de proximité : se connaître, se répondre, veiller les uns sur les autres à l'échelle du bassin.
L'animation sans hiérarchie : transmettre, accueillir, arbitrer par le conseil. La sagesse plutôt que l'autorité.
La Bretagne n'est pas une vitrine : c'est le terrain d'essai de tout l'écosystème. Ce qui s'y invente, éprouvé et affiné, essaime ensuite vers la France et le monde.
Les nouvelles fonctionnalités sont d'abord testées en Bretagne, à petite échelle, là où l'on a le droit de se tromper vite pour réussir grand. Ce statut de laboratoire est un atout de politique publique : la Région devient tête de pont d'une infrastructure du lien, avant son déploiement national.
mana.bzh ne flotte pas seul : il se tient sur une fondation. L'écosystème MANA se lit comme une émanation, d'un principe qui veille jusqu'au foyer où naît la chaleur. La Bretagne en est le cœur battant.
Agrégé, le temps donné dessine la carte de la solidarité d'un territoire : qui aide qui, qui veille sur qui, qui est isolé. La donnée la plus intime qui soit.
Sous une juridiction étrangère qui peut la réclamer, cette carte cesse d'être une trace de lien pour devenir un instrument. Héberger en Europe ne suffit pas : le CLOUD Act (2018)13 atteint tout opérateur de droit américain, serveurs en France ou non — un constat de droit posé par l'arrêt Schrems II (CJUE, 2020)12.
Notre exigence : des données opérées par un acteur de droit français, hébergées chez OVHcloud, hors de portée extraterritoriale, avec pour horizon la qualification SecNumCloud de l'ANSSI14.
mana.bzh n'est pas un produit vendu à une collectivité : c'est un outil de politique publique, et un commun que des partenaires peuvent soutenir sans le capter.
Le financement épouse les compétences (loi NOTRe, 2015)15 : le bloc communal et le Département portent le socle citoyen (lien, inclusion numérique, action sociale, autonomie), la Région porte le volet culturel et patrimonial. Chacun finance ce qui relève de sa responsabilité, et le justifie devant sa propre assemblée.
Code ouvert et auditable, portabilité complète des données, sortie sans coût : aucune dépendance propriétaire. Un partenaire peut vérifier, reprendre ou partir sans friction. Trajectoire visée : société à mission (loi PACTE, 2019) et agrément ESUS16 ; marque TEMPOsystem® déposée à l'INPI. Un accès partenaire dédié existe sur pro.mana.bzh.
Ce document n'a rien révélé de secret. Il a rendu visible une évidence que l'on avait sous les yeux.
Nous savons compter tout ce qui s'achète, et rien de ce qui se donne. Pourtant, ce qui tient une société debout — la présence, le soin, l'entraide — se donne. MANA × TEMPOsystem en fait l'instrument manquant : non pour marchander ce temps, mais pour le reconnaître, le faire circuler et le lire. La Bretagne en est le premier terrain.
Ce document est une porte d'entrée. Chaque concept est approfondi dans le livre blanc dédié de son domaine.
Tous ces documents partagent une même règle éditoriale : aucune affirmation chiffrée sans source traçable. Les réserves méthodologiques y sont assumées plutôt que masquées.